Guerre au Soudan: l’ONU s’inquiète de possibles recrutements d’enfants

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Siobhan Mullally, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la traite des personnes, a exprimé ce 16 octobre 2023 son inquiétude quant au risque accru de recrutement et d’utilisation d’enfants par les forces et groupes armés au Soudan, alors que la guerre y fait rage depuis le 15 avril.

Des enfants assis sur le rebord d'une fenêtre du sanctuaire de Cheikh al-Hasan Othman, l'un des dirigeants de l'ordre soufi Khatmiyya fondé en 1817, dans la ville de Kassala, dans l'est du Soudan, le 23 juillet 2023.Des enfants assis sur le rebord d’une fenêtre du sanctuaire de Cheikh al-Hasan Othman, l’un des dirigeants de l’ordre soufi Khatmiyya fondé en 1817, dans la ville de Kassala, dans l’est du Soudan, le 23 juillet 2023. AFP – EBRAHIM HAMID

 

Les Nations unies ont exprimé le 16 octobre 2023 leur grande inquiétude quant à de possibles recrutements d’enfants dans l’armée et les groupes armés, au Soudan. La rapporteuse spéciale sur les trafics humains, Siobhan Mullaly, s’est exprimée ce lundi, à Genève, sur ce sujet.

Depuis le 15 avril, les forces armées du général al-Burhan affrontent les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti. Un conflit aux conséquences humanitaires désastreuses.

 

D’après les équipes de l’ONU, les enfants sont aussi les cibles des hommes armés. En effet, selon la rapporteuse des Nations unies, « des enfants pauvres ou séparés de leur famille seraient pris pour cible par les Forces de soutien rapide, dans la banlieue de Khartoum ». Et des enlèvements similaires ont eu lieu dans d’autres régions, le Darfour et le Sud Kordofan. Toujours d’après Siobhan Mullaly, ces mineurs sont ensuite recrutés de force par les groupes armés et destinés au combat.

 

« Les enfants sont dans une situation de vulnérabilité absolue »

Une situation que confirme une source proche du syndicat des médecins soudanais. « Dans le chaos du conflit, les enfants sont dans une situation de vulnérabilité absolue », explique-t-il.

Pour la rapporteuse des Nations unies, il n’est en tout cas pas question d’évoquer de possibles engagements volontaires. Elle rappelle que le consentement de mineurs n’a absolument aucune valeur : « Leur recrutement constitue une violation flagrante des droits de l’homme et du droit international. »

L’enrôlement d’enfants est une pratique ancienne au Soudan. Elle existait déjà lors de la guerre au Darfour (2003-2020) ou celle de l’Indépendance du Soudan du Sud.

En 2016, le gouvernement soudanais a signé un plan d’action avec les Nations unies pour mettre un terme au recrutement d’enfants dans ses forces armées.

 

AMED BAMBA source RFI

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