Grand-Bassam : c’est reparti pour les célébrations de l’Abissa 2023

l'Abissa", cette célébration marque le début de la nouvelle année au sein de la communauté des N'ZIMA.

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La ville côtière ivoirienne de Grand-Bassam, à une trentaine de kilomètres d’Abidjan, a entamé ce week-end du 28-29 octobre les célébrations de l’Abissa, la fête traditionnelle du peuple N’Zima, à laquelle des milliers de personnes se rendent chaque année.

« C’est l’ambiance, quoi ! », confie un participant, au milieu de la musique et des exclamations enthousiastes. Et c’est surtout un grand moment d’union pour le peuple N’Zima, au son des tambours. Joséphine Coffie, épouse Adou, qui préside la mutuelle de développement Mudenko, assiste à la fête tous les ans. Elle explique :

« C’est en ce moment que nous devons approfondir le vivre-ensemble. C’est la seule fête que nous avons dans l’année… Nous devons, en tant que frères N’Zima, nous retrouver pour des échanges, et pour voir ensemble comment nous pouvons apporter un plus à notre communauté. »

Pendant toute la durée des festivités, les tabous sont levés : les hommes peuvent s’habiller en femmes, les femmes en hommes, les familles lavent leur linge sale en public et les sujets peuvent demander des comptes au roi lorsque sa gouvernance est jugée mauvaise. Jean-Baptiste Amichia, président de l’association Abissa, en charge de l’organisation, confie :

« Pour nous, c’est vraiment cette capacité du peuple à faire pause après un an. Et de dire, pendant cette période de 15 jours : tout est aboli, les privilèges sont abolis, et que l’on peut s’exprimer. C’est une forme particulière de démocratie. Qui est vivante, qui n’est pas du folklore, qui est réelle. On va l’entendre, on verra sur la place ce que les chansonniers vont nous dire et ce qu’ils ont retenu de l’année écoulée. »

En 2018, l’Abissa n’avait pas pu être célébrée à cause des tensions politiques provoquées par les élections municipales. Le scrutin cette année a aussi connu son lot de tensions, mais elles pourront cette fois être réglées sur la place publique.

SOURCE : RFI

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